31 mars 2006
Affaire Barber : bavure policière ou sportive en tort?
L'affaire se déroule le 18 mars dernier, l'athlète française Eunice Barber est en voiture aux alentours du Stade de France à St Denis, alors qu'une interdiction de circuler barre une rue. La sportive aurait forcé le barrage selon la police même si les faits sont difficilement vérifiables. Et là, les images d'une vidéo amateur sont assez claires. De (trop) nombreux policiers pour une intervention musclée. Barber est plaquée au sol à plusieurs reprises et l'interpellation est clairement à la limite de la régulière.
L'heptathlète française a porté plainte, indiquant que les policiers "continuaient à me tordre les mains, les bras (...) marchaient sur mes cheveux, mes mains..." et reconnaissant qu'elle n'avait pas compris toutes les instructions policières, elle affirme ne pas avoir forcé le passage. Concernant l'hystérie que dénonce la police, Eunice Barber admet "j'étais désespérée et j'ai mordu un policier". De son côté, Patrick Trotignon, le responsable du syndicat Synergie Officiers se défend de toute bavure de ses collègues. " C'est une sportive de haut niveau qui dégage de la puissance. Plus ils sont nombreux moins la personne risque d'être blessée". Et pour la dureté de la scène, il explique que l'intervention a suivi les règles normales.
Alors bavure ou excès d'hystèrie, en attendant les résultats du jugement, visionnez la vidéo sur le site de l'Equipe en cliquant sur la photo, et donnez votre avis.
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21 mars 2006
Le Podcast AllAndNothing numéro 5 est de sortie
Et bien voilà, c'est déjà le numéro 5... et cette fois-ci on change un peu avec entre autres deux interludes musciaux pour le prix d'un et le retour de la chronique ciné-dvd comme on me l'a demandé, et l'actualité seulement traitée en bref et à la fin du podcast. Pour la périodicité, encore une fois c'est un lundi/mardi mais ce n'est en rien définitif, ça dépend plutôt de ce que j'ai à dire et du temps disponible. J'espère que vous apprécierez le quart d'heure de ce cinquième numéro. Restez jusqu'au bout pour profiter du deuxième morceau...
AU SOMMAIRE:
LA chronique ciné-dvd spéciale Paul Haggis :
- Million Dollar Baby
- Collision
La chronique sport du Week-end :

Du rugby, du football mais aussi de la boxe, de la F1 et du tennis, bref retour sur l'actualité du Week-End
Les deux interludes musicaux :

- Gatekeeper, de Feist extrait de Let it Die
- Espiritu, de Thomas Otten extrait de Close to Silence
Dans la rubrique "En Bref" : voila le lien vers l'article sur la démocratie et les manifestations anti-CPE pour réagir
02:25 Publié dans Le Podcast AaN | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
De la démocratie en France...
Révolte étudiante, révolution, « nouveau mai 68 »... tout a été employé pour définir le mouvement de protestation anti-CPE qui règne en France depuis quelques semaines. Mais dans le fond, cette protestation a-t-elle une valeur réelle?
En effet, on entend les leaders de la fronde anti-CPE clamer que « la rue doit faire changer la loi » ou que « Villepin doit écouter le peuple » mais quelle est la portée réelle de ces manifestations sur le pouvoir politique?

Que nous disent les sondages : apparement, selon l'Ifop, près de 66% des sondés voudraient que la loi sur le CPE soit retirée, mais en parallèle, un autre sondage d'internautes nous révèle que 54% des 39000 participants estiment que le CPE est catastrophique alors que 45% estiment que c'est un plus pour l'emploi. Tout dépend donc des personnes interrogées. Quand on voit dans les rues que ce sont des étudiants de facultés qui, pour la plupart feront une licence et un master et qui en moyenne quitteront les bancs des universités vers 23-25ans alors que le CPE n'est applicable que jusque 25ans, ça peut laisser perplexe. Alors que dire lorsque les syndicats se mêlent aux conflits ou lorsque l'on parle maintenant de grêves...
Le problème c'est que le CPE s'adresse principalement aux jeunes non qualifiés et qu'on ne s'intéressent pas vraiment à ce que EUX en pensent. Le conflit prend une fois de plus une tournure politico-politique et non politico-sociale voire politico-économique comme il serait préférable. Et bien évidemment, sur fond de campagne pour la présidentielle de 2007, les partis politiques viennent gonfler les polémiques et mettent un peu plus le feu aux poudres.
Quand on voit que le premier ministre accepte de modifier le texte sans le retirer alors que la rue réclame le retrait avant toute discussion, le problème est profond. La question se pose finallement de savoir qui gouverne en France? Le gourvernement, élu démocratiquement par le peuple ou la rue? Est-ce que la démocratie s'est de laisser une équipe élue pour gouverner gérer les affaires avec toutes les données en main ou qu'une partie de la population donne son avis en cassant, en bloquant et en refusant toutes négociations? En définitive, la rue a-t-elle vocation à faire la loi ou simplement comme tout groupe de pression à apporter un avis dans la gestion des affaires nationale?
Débattez, donnez-votre avis, sur la CPE, sur la démocratie française, sur les mouvements anti-CPE actuels ou sur les manifestations passées...
Pour aller plus loin dans la réflexion :
Un blog pro-CPE et un blog anti-CPE
00:05 Publié dans Et si on en débattait? | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17 mars 2006
Le CPE ne passe pas inaperçu outre-Manche

Une introduction sur fond de mai 68, The Economist donne une analyse du mouvement anti-CPE français plutôt bien sentie, et surtout avec un oeil extérieur intéressant. Revenant d'entrée sur le heurts qui ont éclaté entre manifestants et policiers, le journal anglais n'oublie pas de préciser que les débordements lors de ces affrontements ont provoqué environ 1,2 millions d'euros de dégats. La suite de la présentation est connue : mouvement impulsé par la gauche française et les syndicats étudiants, débordements orchestrés par des casseurs et par l'extrême-gauche, protestations contre un contrat jugé précarisant... les anglais n'ont là dessus aucun regard critique.
Dans l'analyse des tenants et aboutissants politiques de ces mouvements étudiants, The Economist est là bien plus expansif. Tout d'abord, c'est avec une vision très britannique que le journal note que « bien que le but est d'encourager la création d'emploi dans un pays qui compte 9.6% de chômeurs, la résistance est intense ». C'est vrai qu'on a tendance a oublier que la France est toujours en retard sur ce sujet. Et au quotidien d'ajouter que la gauche française utilise au mieux ce CPE comme un outil puissant pour regrouper les rancoeurs anti-gouvernement. En parallèle, certains députés socialistes ont saisi le Conseil Constitutionnel alors que Jack Lang de son côté a demandé au président Chirac de dissoudre le parlement.
Mais ce qui intéresse le plus les britanniques sur notre politique interne, c'est les stratégies des deux hommes forts de la droite française, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy. Car les deux « présidentiables » de l'UMP gèrent ce dossier qui pourrait s'avérer clé en vue de 2007 de manière très différente. L'homme de Matignon reste pour le moment inflexible, malgré les possibles améliorations que son camp évoque et qu'il a lui même envisagé, notamment sur les garanties des titulaires de CPE. Le journal anglais souligne la volonté farouche du premier ministre de favoriser l'emploi malgré des sondages d'opinion qui lui sont largement défavorables et une côte de popularité qui s'effrite de jour en jour. Alors que The Economist reprend l'accusation « d'autisme » du journal Le Monde, il met le doigt sur le choix stratégique de Dominique de Villepin : « il a compris qu'aucun premier ministre qui a cédé face à la rue n'a eu les remerciements des votes (...) il parie qu'en restant ferme, en attendant une nouvelle baisse du chômage, il gagnera une réputation de courage qui l'emportera sur son choix politique de surdité ».
Quand à son principal adversaire de droite en 2007, son ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, on s'étonne outre-Manche de son inhabituelle absence médiatique. Et la raison est plutôt simple « il risque d'être entraîné vers le bas par les problèmes de Dominique de Villepin ». Et en effet, certains sondages montrent que sa popularité baisse comme celle du premier ministre, de manière moins forte cependant. Mais doit-il pour autant se retirer du gouvernement pour s'occuper uniquement de la présidence de l'UMP? A cette question, les journalistes britanniques estiment qu'il est pris entre deux feux : au plus longtemps il restera au gouvernement, au plus il risquera d'être atteint par la fronde, mais s'il part, on pourra le taxer d'individualisme et de fuite devant le sort des français. Voilà certainement pourquoi il reste à l'écart de l'effervescence médiatique.
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Zéro sur trois : joli bilan français en UEFA
Alors qu'il nous restait trois chances françaises pour la qualification en ¼ de finale de la Coupe de l'UEFA, on savait qu'il serait difficile de les voir tous passer. Mais l'espoir était là. Et bien encore une fois, l'optimisme a été ramené à la réalité.
La débacle a commencé ce mardi soir alors que Lille se déplaçait en Espagne sur la pelouse du FC Séville. Les Dogues étaient en passe de réaliser une première dans leur histoire s'il se qualifiaient. Et avec leur victoire 1-0 à l'aller, ils étaient notre plus plausible chance. Mais les hommes de Claude Puel d'habitude si aptes à gérer leurs matchs ont cette fois failli à leur mission. Pénalisés par l'expulsion de leur meneur Bodmer après seulement 26 minutes de jeu, les lillois prenaient un but seulement deux minutes après par Frédéric Kanouté. Et dans les arrêts de jeu de la première période, un autre ancien du championnat de France, Luis Fabiano (ex-Rennes) doublait l'avantage des siens. S'en était trop pour le LOSC. Le petit but qui aurait assuré la qualification ne viendra pas et la déception est énorme au coup de sifflet final.
Ce jeudi, en fin d'après midi deux autres billets étaient en jeu pour nos clubs nationaux. Mais aucun ne sera composté. C'est avec un but de retard que l'OM se déplaçait à St Petersbourg pour y défier un surprenant Zenith. Bien que privée de nombreux titulaires, l'équipe olympienne réalisaient une très belle partie, porteuse d'espoirs jusqu'à la 70èmr minute. Car c'est à ce moment là que bascule le match : sur une frappe anodine de Kerzhakov à l'entrée de la surface, Carrasson titulaire en l'absence de Barthez se troue comme un débutant. Les marseillais qui devaient impérativement marquer deux fois se ruent alors à l'attaque et égalise sur un coup franc de Déhu à un quart d'heure de la fin. Mais sur un contre russe, le même Carrasso est obligé de fauche son bourreau du soir et se fait logiquement expulser. Impossible dès lors de revenir dans le match à quelques minutes de la fin et avec Delfim (un milieu) dans les buts. Dommage.
Enfin, Strasbourg accueillait les suisses de Bâle à la Maineau avec un passif de deux buts à remonter. Après 25 minutes de jeu, les strasbourgeois étaient menés 2-1 et malgré toute leur volonté et l'égalisation à la 79ème minute, ils ne verront pas les quarts de finale de la coupe européenne. A la fin du match, l'entraîneur des alsaciens Jacky Dugueperoux se montrait déçu mais réaliste : « c'est au match aller que nous avons perdu la qualification ». Quand on sait que le Racing lutte pour le maintien en Ligue 1, une élimination est donc peut être un mal pour un bien.
Il n'empêche que maintenant seul Lyon représentera la France sur la scène européenne. Et on a beau s'alarmer de l'affaire du PSG-OM, du mauvais match de l'équipe de France, du jeu très moyen pratiqué en Ligue 1 et de tout un lot d'autres polémiques, c'est bien ce bilan européen qui confirme que le football français est bien malade. Tous les grands championnats européens ont plusieurs qualifiés en quarts de finale des compétitions européennes, la France un seul. Quand on sait que Milan se paye le luxe d'avoir à elle seule deux équipes qualifié, s'est dire de la gravité de la situation. Alors certes, on pourra objecter qu'il vaut mieux n'avoir que l'OL qui possède une équipe taillée pour l'europe plutôt que deux ou trois petites équipes, mais le bilan est tout de même catastrophique. D'autant qu'on le fait à peu près tous les ans. Alors plutôt que de statuer sur la possible entrée de nos clubs en bourse, la Ligue et le ministère du sport feraient bien de nous réformer un peu tout ça. Car si la France n'est pas au mieux de sa forme, celle du football est loin de déroger à la règle.
Un avis sur la bilan européen des clubs français ou sur le prétendu déclin de celui-ci? Commentez, ça nous intéresse.
02:10 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


