24 avril 2006

A ne pas rater!!

Ce 24 Avril sur Arte, à 20h40, n'oubliez pas de regarder Le Cauchemar de Darwin.

Pour rappel, allez lire la note qui évoque ce film documentaire boulversant sur l'Afrique.

Alors regardez, enregistrez, appelez vos amis et votre famille, vous pourriez rater une fois de plus un chef d'oeuvre sur la cruelle réalité de la vie. Cette injustice latente que nous contribuons à entretenir sans même parfois en être conscients. Et n'hésitez pas à venir réagir une fois que vous l'aurez vu de vos yeux.

Au plaisir de vous lire...

15 avril 2006

Absences répétées... et à venir

Je fais rarement du 3615 MY LIFE sur ce blog, mais je tiens à m'excuser pour la léthargie de ces dernières semaines... moins d'articles, moins de réponses, plus de podcast... oui je me laisse aller.

Mais en fait non, entre les révisions, les partiels et les soutenances de projets, je n'ai pas eu beaucoup de temps à consacrer au blog ces derniers temps. Et ceci ne va pas s'améliorer tout de suite...

... car je m'en vais à BARCELONE passer quelques jours en compagnie de mon frère. Petite coupure qui s'annonce fort agréable entre la fin d'une année universitaire bien remplie et la période concours et stage qui m'attend.

Je vous laisse donc entre les mains des notes déjà publiés et que vous n'auriez pas commenté, et également aux soins de mes chers camarades tenanciers de blog de leur état, dont vous trouverez la liste en bas à droite.

Au plaisir de vous lire, et d'écrire de nouveau dans quelques jours.

09 avril 2006

Flexibilité mauvaise pour la santé?

C'est dans l'air du temps et de l'actualité, la flexibilité est au coeur des débats en France. Voila une notre trouvée dans 20 Minutes sur ladite flexibilité :

"L'insécurité de l'emploi peut affecter sérieusement la santé mentale et physique des salariés selon une étude récente de l'université du Michigan. Cette dernière porte sur 1 000 hommes et femmes de moins de 60 ans, interrogés à deux reprises à trois ans d'intervalle. On y apprend que les personnes s'inquiétant de l'insécurité de leur emploi sont deux fois plus nombreuses à avoir des problèmes de santé, que celles jugeant leur travail sûr. Les employés noirs sont trois fois plus nombreux que leurs collègues blancs à ressentir cette insécurité."

Une étude qui ne fait finalement qu'enfoncer des portes ouvertes. On ne s'attendait pas à voir l'inverse se produire. Reste cependant deux questions importantes et pourtant trop souvent occultées dans le débat franco-français : l'insécurité de l'emploi, est-ce de ne pas en avoir ou de vivre dans un pays où créer de l'emploi pourrait s'apparenter à un acte héroïque, et la précarité est-elle mauvaise dans un pays où à peine sorti d'un emploi une autre entreprise est prête à nous embaucher?

Affaire Sohane, cité Balzac : un verdict qui délie les langues

On a souvent tendance à stéréotyper les cités. Les médias et les politiques jouent d'ailleurs un rôle très important dans cette image entretenue. Il est vrai que le soulèvement général cet hiver et les scènes d'émeutes rapportées dans les actualités n'étaient pas de nature à calmer l'image populaire. Et quand on parle des casseurs qui suivent souvent les manifestations, ne parle-t-on pas la plupart du temps de "jeunes de cités"? Pourtant, lorsqu'une affaire éclate dans ce microcosme, on se rend alors compte que tout n'est pas tout blanc ou tout noir. Ainsi, alors que la cour d'assises du Val-de-Marne a condamné dans la nuit de vendredi à samedi Jamal Derrar (25ans) et son complice Tony Rocca (8ans) a de lourdes peines de prison pour le meutre de Sohane ( en octobre 2002, la jeune femme avait été brûlée vive dans un local à poubelles de Vitry-sur-Seine) les habitants de la cité Balzac ont réagit de façon très contrastée.

Chez les amis de "Nono" comme on le surnomme ici, c'est la consternation et la colère qui sont de rigueur. " Les jeunes sont dégoutés, 25ans c'est trop (...) Moi à son âge j'aurais fais la même chose pour faire flipper une meuf" déclare ainsi un copain de Jamal Derrar. Un autre estime qu'il aurait dû "prendre 4 ou 5 ans, pas plus". Mais ce ne sont pourtant pas les propos les plus tranchés. Karim, un ami de 33ans déclare pour sa part " s'il a été condamné c'est à cause de Ni Putes Ni Soumises et de toutes les petites suceuses du quartier qui ont parlé à la place de Sohane". Des propos à peine moins irréalistes que les jeunes qui applaudirent Jamal pendant la reconstitution de la scène.

A l'opposé, d'autres habitants du quartier estiment que la peine est dure mais juste. Bien que certains tiennent des propos au combien moins cléments pour "Nono". Ainsi, un vieux monsieur de 88 ans estime pour sa part qu'il devrait "passer les restant de ses jours en prison". Et un jeune de révéler "ce matin une vieille m'a dit qu'il faudrait rétablir la peine de mort pour Jamal". Tout un fossé donc entre les pro et les anti Derrar et Rocca.

Cependant, au delà du conflit qui existe sur le verdict de l'affaire Sohane, c'est bien la vie dans la cité Balzac, comme dans beaucoup d'autres cités de France, qui est pointée du doigt. Le refus de témoignage d'une mère de famille et de sa fille souligne le malaise qui persiste autour de la violence latente dans les cités. "On est dans une zone où l'on a pas le droit de parler parce qu'il y a trop de menaces (...) il faut que je parte d'ici, ça fait 25 ans et je n'en peux plus". Et bien que la plupart des jeunes femmes préfèrent encore se taire sur le jugement de Jamal et Tony, deux d'entres elles précisent tout de même : "Ici il y a des machos, mais il n'y en a pas plus qu'ailleurs" ou encore "25 ans c'est trop lourd. Jamal de l'a pas fait exprès". Il n'empêche que selon le verdict, les deux jeunes sont bien coupables d'avoir brûlé une jeune femme après l'avoir aspergé d'essence. Une barbarie qui n'a pas semblé émouvoir les deux complices lors du procès. Triste affaire de règlement de compte (puisque Jamal s'était battu avec le petit ami de Sohane), tragique préméditation (l'essence avait été achetée la veille et Rocca gardait la porte du local à poubelles) ou simple altercation qui dégénère, le procès ne tira pas toutes les conclusions. Mais cette affaire n'est malheureusement pas la première, et certainement pas la dernière à venir remplir le casier des violences graves dans les cités. Des cités souvent vues comme des zones de non droit mais qu'aucun politique ne fait véritablement changer. Un père de famille concluant ainsi que Jamal " est une victime comme Sohane, une victime de la vie à Balzac". La comparaison est certes un peu légère mais pas dénuée de tout sens. Il reste cependant que quartiers laissés à l'abandon ou pas, les lois ne doivent pas êtres adaptées lorsque de telles atrocités sont commises. Là aussi un autre père de six enfants tentait d'apporter une explication au drame " Sohane n'avait pas de grand frère, c'est pour ça que Jamal s'est permis de faire ça". Une vision peut être pas tout à fait en phase avec la réalité mais qui traduit la dure loi de la vie dans la plupart des cités françaises.

Reste néanmoins à savoir quand le pays se décidera enfin à faire changer cela. A l'heure où les étudiants et les syndicats bloquent le pays pour les intérêts personnels et sans que l'on soit certains à 100% du bien fondé de leurs craintes, à l'heures où les politiques essaient de tirer la couverture sur eux en pensant à 2007, à l'heure où on s'oppose sur la réintégration de l'ours en France ou sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics, il serait peut être temps de penser à tous ces français qui vivent dans les cités et à la dureté des violences qui va croissante à travers le pays. Car dans un pays plus juste, peut être n'aurions nous pas à déplorer les travers de ces cités françaises dans lesquelles une jeune femme brûlée n'attire pas la peine de tous.

Avis de l'intérieur ou perception extérieure, quel est votre avis sur l'affaire Sohane et sur la vie dans les cités?

L'élimination lyonnaise... à froid

 

Qu'il était doux ce rêve de voir le petit Lyon sortir le grand Milan AC. Qu'il fut dur ce réveil brutal en cette triste fin de soirée mardi passé. Après le tirage au sort, prudence et espoir étaient de mise. On savait le Milan très fort, on osait imaginer les lyonnais assez doués pour prouver le contraire. Et on y aura cru jusqu'à cette maudite 88ème minute. Après le 0-0 à la saveur aigre-douce du match de Gerland la semaine précédente, les avis étaient partagés sur les chances lyonnaises de sortir vivant de San Siro. D'un côté, les plus optimistes voyaient le verre à moitié plein, estimant que Lyon possédait toutes les armes pour terrasser des milanais un peu courts physiquement à l'aller, d'autant que le maître Juninho faisait son retour dans le onze de gones. De l'autre, il y avait les pessimistes-réalistes, ceux qui n'ont pas oublié à quel point le Milan AC est et reste un grand d'Europe, l'une de ces équipes qui ne meurt jamais, et qu'on ne blesse pas jusqu'à la mort. Et la suite allait malheureusement leur donner raison.

Le match.

Et au coup d'envoi, alors que les spéculations allaient bon train sur les joueurs que Gerard Houllier se devait d'aligner, le technicien rhodanien prenaient tout le monde à contre-pied, les milanais en premiers. Les champions de France se déployaient dans un inhabituel 4-4-2 à la limite du 4-2-4. De quoi presser très haut de italiens qui jouent beaucoup moins bien privés de ballon. Et le stratagème fonctionna à merveille... du moins jusqu'à la 25ème minute. Ainsi, alors que les gones dominaient largement leur sujet, Pippo Inzaghi marquait de la tête le premier but de la rencontre, sur une erreur de Fred et contre le court du jeu. Mais les lyonnais n'abdiquaient pas, et comme ils en sont souvent capables en Ligue 1, revenaient au score par l'intermédiaire de Diarra à la demie heure de jeu, suite à un coup franc de l'inévitable Juninho. Puis la mi-temps arrivait, et à la reprise la donne était la même. Pressant toujours haut, et s'offrant de nombreuses occasions, les lyonnais tenaient le match à pleines mains. La sortie de Pirlo confirmant d'ailleurs le désarroi des hommes d'Ancelotti. On jouait alors à San Siro la 72ème minute. Le début de la fin. John Carew venait de remplacer un Fred bien impuissant, et dix minutes plus tard c'est Reveillère qui prenait la place de Govou. Mais ces entrées ne firent que confirmer le recul tactique des lyonnais, une erreur fatale contre Milan. Car si le pressing haut les privait de ballons, reculer était la meilleur offrande que pouvaient faire les rhodaniens à des milanais toujours très fort dans le jeu balle au pied. La suite était presque inéluctable. Donnant tout ce qu'il leur restait pour changer le cours des choses, les italiens jusque là éliminés réalisaient le parfait hold-up lors de cette terrible 88ème minute : sur un long ballon, Abidal appréciait mal la trajectoire du ballon, laissait Shevchenko placer un terrible tir que Coupet déviait à peine sur l'intérieur de son poteau. La balle frappait ensuite l'autre poteau mais Pippo Inzaghi toujours lui marquait sur la ligne le deuxième but milanais, synonyme de qualification. Quatre minutes plus tard et une remise à Coupet ratée par François Clerc, Shevchenko triplait la mise et Lyon n'avait plus que ces yeux pour pleurer. Une énorme désillusion pour des gones qui avait presque les deux pieds en demie finale quelques instants plus tôt. Presque seulement...

L'analyse.

Sitôt la déception passée et le goût amer quelque peu effacé, il convenait d'analyser cette chronique d'une défaite annoncée et finalement réalisée. Sans revenir sur le match de Gerland, que les lyonnais auraient pu et dû mieux aborder, ce match de Milan révèle toutes les forces et les faiblesses du champion de France dans sa course à la Ligue des Champions. Il faut tout d'abord souligner l'incroyable pari d'Houllier avec cette tactique inédite et pourtant payante jusqu'à la fin de la rencontre. Il avait été engagé pour apporter son expérience de l'Europe aux lyonnais, et là dessus, nul doute que le choix du président Aulas s'est avéré payant. Mais l'entraîneur lyonnais à également sa part de responsabilité dans la défaite finale. Ainsi, lorsqu'il fait entrer Carew, on ne peut pas le blâmer pour la prestation inutile voire même pénalisante du géant norvégien. Mais lorsqu'il décida de « boucler » son couloir droit avec l'entrée de Reveillère, un défenseur, à la place du milieu très offensif Sydney Govou, l'erreur tactique est flagrante au final. Cela étant pour tout ce qu'il a apporté, ce choix ne peut être un véritable élément à charge contre l'ex manager de Liverpool. L'autre point à souligner, c'est bien évidemment ce recul lyonnais. On ne le répétera jamais assez, laisser aux milanais la maîtrise du ballon, sur leur terrain, alors qu'ils sont éliminés à un quart d'heure du terme, cela relève presque d'une faute professionnelle. Gregory Coupet traduira ce comportement de « suicidaire » à l'issu de la rencontre. Seul Wiltord, pourtant exténué, tentera de garder le ballon dans le camp du Milan AC, en vain. Puis on en revient à la problématique des attaquants à Lyon. Si au début de saison, Carew puis Fred se sont révélés être des éléments précieux, leur rendement depuis laisse largement à désirer. Certes Fred touchera du bois sur une tête qui méritait mieux, mais que ce soit à l'aller, au retour et lors des précédentes joutes européennes, les deux buteurs maison se sont montrés plutôt limités à la conclusion des nombreuses offensives rhodaniennes. A ce niveau là, ne pas concrétiser les occasions, qui plus est quand le gardien adverse prénommé Dida, n'est pas dans un grand soir, s'avère un handicap presque insurmontable. Enfin, en comparant les deux équipes, on notera simplement le déficit de métier entre les français et les italiens. D'un côté, il y a une équipe qui joue bien au ballon, surprend et peut passer à priori sans trop de problème sur l'ensemble des deux matchs. Problème, elle ne marque pas les buts faciles puis recule inexorablement et prend trois buts sur trois erreurs individuelles. De l'autre, il y a une équipe d'expérience (que l'on estime vieillissante lorsqu'elle perd) qui est dominée, mais ne rompt pas, et qui au final sur les quelques occasions qu'elle se fournit parvient à gagner comme si de rien n'était. C'est ça être un Grand d'Europe. Et ça, les lyonnais ne le sont pas encore.

La suite?

Alors certes, on ne doit pas rougir du parcours lyonnais en Ligue des Champions. Il ne faut pas oublier tout les progrès réalisés et ce statut d'outsider glané match après match. N'a-t-on pas vu d'ailleurs beaucoup d'autres grandes équipes sortir de la compétition avant les gones? Que dire de Chelsea, du Real Madrid, du Bayern Munich pour ne citer qu'eux, qui n'auront même pas goûté à ces quarts de finale? Que dire encore de l'Inter Milan ou de la Juventus, aux budgets et histoires bien plus développées que celle de nos champions de France? Alors bien sûr, sauf catastrophe imprévue, les lyonnais conserveront leur titre national, et ont confirmé contre Nice qu'ils en avaient l'intention. Bien sûr obtiendront-ils la Coupe de France si chère à Jean-Michel Aulas. Mais pour continuer à grandir, l'Europe est la seule voie possible. Ils joueront la Ligue des Champions l'an prochain et le président lyonnais a déjà annoncé ses ambitions. Un groupe confirmé avec quelques recrues, surtout dans le secteur offensif. Gageons que les gones trouvent enfin le buteur de classe mondiale que toute grande équipe se doit de posséder. Et gageons qu'avec cette perle rare et le groupe actuel mûri un an de plus, les futurs nouveaux champions de France défendront avec succès les couleurs nationales lors de la prochaine édition de la plus belle des coupes européennes.