05 mai 2006
Débattre sur le 4ème pouvoir

Depuis quelques décennies, le terme de 4ème pouvoir est de plus en plus utilisé concernant les médias. F.H de Vivier employait même le néologisme de « médiacratie » pour définir ce pouvoir grandissant. Mais ce pouvoir est-il un simple contre-pouvoir ou n'exerce-t-il pas sa loi sur les 3 autres?
La question mérite d'être posée. En effet, si la liberté de l'information est souvent mise en avant pour dénoncer les manoeuvres terroristes ou même politiques à l'encontre des journalismes, n'y a-t-il pas en parallèle un retournement de tendance?
En effet, après l'affaire d'Outreau où les médias avaient largement scénarisé le procès des innocents-coupables, puis l'audition du juge Burgaud. On avait soit-disant pris conscience du pouvoir des médias et un plus grand recul allait être pris par ces derniers... jusqu'à l'affaire Clearstream. En effet, que ce soit Le Monde qui publie les déclarations du général Rondot ou le Figaro qui fait office de tribune du premier ministre et participe grandement à l'affaire, la presse n'a pas longtemps tiré profit de ses erreurs passées. Ainsi, en violant le secret de l'instruction et en cherchant à se porter comme avocats des différentes parties, ces deux journaux, pour ne citer qu'eux, dépassent largement leur mission.
Alors estimez-vous que le 4ème pouvoir prend trop d'importance par rapport aux 3 autres? Estimez-vous que la liberté de l'information et la nécessité d'investigation sont des arguments suffisants pour rogner les prérogatives de justice? En somme, les médias jouent-ils plus que leur rôle et en ont-ils le droit?
12:00 Publié dans Et si on en débattait? | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
« La monarchie présidentielle irresponsable, la majorité écrase-tout, l'Assemblée croupion, tout cela doit se terminer » Laurent Fabius
Dans un entretien accordé au journal Le Monde le 2 Mai, le député PS lance ses idées pour résoudre la situation française, dans sa démocratie, son régime, sa société... Extraits choisis : « La France vit une crise démocratique profonde. Le président ne préside plus, le gouvernement ne gouverne plus, le Parlement parle à peine, et le peuple n'est plus entendu. On pourrait dire de ce régime : "Jacques Chirac l'a tué". Les institutions sont fourbues. Il faut leur redonner des nerfs, grâce à une République nouvelle, - certains amis disent la VIe. La monarchie présidentielle irresponsable, la majorité écrase-tout, l'Assemblée croupion, tout cela doit se terminer. Pour relancer l'action, une vaste réforme institutionnelle est indispensable. Je souhaite proposer aux Français une République nouvelle. »
Et à la question « Comment concevez-vous cette République nouvelle ? », Laurent Fabius donne son programme :
« Ses fondements seront soumis à référendum moins de six mois après l'élection présidentielle. Les rôles de l'Assemblée nationale et du premier ministre seront renforcés, et celui du président recentré sur l'arbitrage, le long terme et les valeurs qui fondent la cohésion de la nation. Pour assurer un Etat impartial, le président ne sera plus membre du Conseil supérieur de la magistrature, ne nommera plus les membres du Conseil constitutionnel ou du Conseil supérieur de l'audiovisuel. Il sera le garant des institutions, conservera le droit de dissolution en cas de crise, tracera l'horizon de l'action. Cette refondation démocratique s'étendra au territorial et au social, notamment aux responsabilités et à la représentativité syndicales.
Avec le quinquennat, on s'est arrêté à mi-chemin. Il faut une présidence responsable, supprimer le 49-3, introduire une part de proportionnelle, donner un statut à l'opposition et en finir avec le cumul étouffant des mandats. Il faut aussi un gouvernement paritaire, un vice-premier ministre chargé des affaires européennes et une charte sur la laïcité adossée à la Constitution. Enfin, je réfléchis à un mécanisme qui permettrait à une proposition de loi soutenue par plus d'un million de Français d'être examinée par le Parlement. Cette République parlementaire, stable et transparente, sera l'un des grands enjeux du débat de 2007. »
Voilà qui est dit!
10:30 Publié dans Ca c'est dit! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04 mai 2006
« L'immigration choisie » fait grand bruit

Fini le mythe de la génération black-blanc-beur de 1998? Finie la France multiculturelle et multiraciale? Nul ne peut aujourd'hui répondre à ces questions. Mais la discussion au Parlement sur le projet de loi sur « l'immigration choisie » de Nicolas Sarkozy commençait ce mardi 2 Mai. Et au delà des débats parlementaires, ce projet fait jaser à bien d'autres égards.
Le texte, pour lequel le gouvernement devrait demander l'urgence, comprend plusieurs mesures drastiques afin « de ne plus subir l'immigration » selon le ministre de l'intérieur. Le projet de loi entend ainsi définir des « objectifs quantitatifs prévisionnels » c'est à dire le nombre et le nature des cartes de séjour (rebaptisées pour la cause « compétences et talents ») mais aussi des mesures pour obliger à quitter le territoire, un durcissement du regroupement familial, un contrôle des mariages mixtes et enfin l'abolition de la régularisation de plein droit après 10 ans.
Des mesures très strictes en somme, mais Nicolas Sarkozy n'exclut en rien la continuité de « l'humanisme » à la française. Il souhaite également tisser des liens avec les pays d'origine pour organiser le retour de certaines catégories de personnes afin d'éviter la tant redoutée « fuite des cerveaux ». Quand aux liens étroits entre ses propos (« Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gènent pas pour la quitter ») et ceux de l'extrême droite, l'auteur du texte se défend « Si Jean-Marie Le Pen dit que le soleil est jaune, dois-je dire qu'il est bleu? ». Et de confirmer devant les députés ce mardi « une personne qui ne partage pas les valeurs de la France n'a pas vocation à y rester durablement ».
Mais le discours et la méthode du ministre de l'intérieur ont une fois de plus trouvé un écho, principalement celui de la gauche et d'une partie du peuple. Juste après les conflits sur le CPE, en pleine crise de régime et alors que M. Sarkozy fait office de dernier obstacle crédible de droite, ce thème fondamental de l'immigration est une aubaine pour les partis politiques de gauche. Au Parti Socialiste, il n'est cependant pas question d'amender un texte dont on souhaite simplement demander le retrait parce qu'il est « dangereux, inutile et inefficace ». Pour Bernard Roman, le projet porte ainsi « atteinte aux valeurs de la France et organise un recul des droits liés à la vie familiale et à l'asile ». De plus, il augmenterait mécaniquement l'immigration clandestine selon l'orateur du groupe socialiste.
Même son de cloche au Parti Communiste Français, où Marie-Georges Buffet dénonce « une loi honteuse », du côté de l'Eglise ou des associations qui dénoncent une « immigration jettable ».
Comme pour le CPE, on s'achemine selon toute vraissemblance vers un long débat, à moins que l'habituelle méthode-expresse de Nicolas Sarkozy fasse la différence. Reste qu'au delà des mesures en elles-mêmes la question qui se pose à la société française reste entière : la France actuelle doit-elle limiter son immigration pour apporter un vrai plus à ceux qui arrivent ou faut-il rester une terre d'asile coûte que coûte? Selon un sondage IFOP du 30 Avril, 47% des français s'estiment proches des idées du ministre de l'intérieur en matière d'immigration. Preuve que les débats sont bien plus ouverts qu'il n'y paraît.
21:00 Publié dans C'est dans l'actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pour Zacarias Moussaoui c'est la prison à vie
On attendait le verdict du mercredi 3 Mai avec grande attention. Le jury du tribunal d'Alexandria en Virginie a condamné Zacarias Moussaoui à la prison à vie. Pour ceux qui reviennent sur terre après un long voyage, rappelons que Moussaoui est le seul membre d'Al-Qaida jugé pour les attaques de New York et Washington le 11 Septembre 2001.
Alors que George W. Bush en personne espérait la peine capitale, et qu'une grande partie de l'opinion publique américaine allait dans le même sens, les 12 jurés n'auront pas fait de Moussaoui un martyr de plus. Et c'est pourtant ce qu'il espérait. Même s'il a quitté la salle en criant « Amérique, tu as perdu et j'ai gagné » Zacarias Moussaoui a tout tenté durant le procès pour provoquer un jugement plus sévère.
Les familles des victimes sont dans l'ensemble satisfaites que le condamné « pourrisse en prison » même si le père d'une victime aurait lui espéré « qu'il soit exterminé ». Toujours est-il que la justice a parlé et que Moussaoui finira ses jours en prison, sans possibilité de réduction de peine. La mère du condamné ayant demandé que son fils purge sa peine en France, le dossier n'est donc pas encore tout à fait clos.
20:03 Publié dans En bref | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 mai 2006
« J'avais une envie pressante » F.Barthez

Voilà comment le gardien de l'Olympique de Marseille et de l'équipe de France a justifié son absence lors de la remise des médailles de la Coupe de France de football ce samedi. Pour rappel, ce samedi 29 Avril 2006, le Paris-Saint-Germain battait l'OM lors de la finale de cette compétition (2-1). Lors de la remise des médailles, le divin chauve était étonnement absent.
Après que le président de la République en personne se soit agacé publiquement de ce comportement, le gardien de but a donné le 1er Mai une conférence de presse afin « d'éviter une affaire d'Etat ». Expliquant qu'il avait « une envie pressante » au moment de la remise des médailles pour les perdants, Barthez affirme qu'il a ensuite parlé avec des dirigeants, et qu'une fois disponible ses coéquipiers étaient de retour après la courte cérémonie. Certes l'événement est minime et d'une importance plus que limitée hors du monde du football. Mauvais joueur ou non, le gardien français donne tout de même une leçon d'alibi en béton armé.
03:15 Publié dans Ca c'est dit! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note