31 mai 2006
La Chronique du Mondial : spéciale gardiens des Bleus
Fabien Barthez, 34 ans, ex-Marseille, 78 sélections
Grégory Coupet, 33 ans, Lyon, 18 sélections
Mickaël Landreau, 26 ans, Paris, 3 sélections
NB : nombre de sélections après France - Mexique
Une réaction sur les 3 sélectionnés, sur le choix du numéro 1 ou sur le coup de gueule de Coupet, réagissez, la chronique est là pour ça!
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18 mai 2006
La chronique du Mondial : présentation des Bleus 1

Il n'est pas de grande équipe de football sans grand entraîneur. Voilà pourquoi présenter la sélection française doit commencer par celui qui la construit. D'autant que dans un pays où on a coutume de dire qu'il y existe 60 millions de sélectionneurs, le titulaire du poste est toujours attendu au tournant. Depuis le 12 Juillet 2004, date à laquelle il est nommé, Raymond Domenech a donc bati l'équipe de France en connaissance de cause.
Un bilan mitigé.
L'équipe de France est qualifiée pour la phase finale de la Coupe du Monde 2006. Merci et au revoir. Certes le bilan de Domenech n'est pas catastrophique (9vict. 11nuls 1déf., 23 buts+ et 9buts-). Mais pour ceux qui attendait de ce sélectionneur « à poigne » qu'il continue le renouvellement de l'équipe de France et qu'il lui forge l'identité qui lui a tant manquée en 2002 et 2004, force est de constater que l'on doit uniquement se contenter de la qualification. Dans un groupe qui, quoi qu'on en dise, était largement à la portée des Bleus, l'incapacité chronique à faire la différence et à en imposer aura été flagrante.
Un sélectionneur presque sans titres.
S'il empocha deux coupes de France (1973 avec Lyon et 1984 avec Bordeaux) etun championnat de France (en 1979 avec Strasbourg ) en tant que joueur, Raymond Domenech n'a rien gagné comme entraîneur. Avec le FC Mulhouse, puis l'Olympique Lyonnais et enfin les Espoirs, aucun fait d'armes à son palmarès. A peine une montée en Division 1 avec les Gones en 1988. S'il est un formateur reconnu et si son travail dans la Direction Technique Nationale est salué de tous, cela ne fait pourtant pas gagner de titres. Lorsque l'on sait qu'il a eu sous sa coupe la plupart des talents français en équipe de France Espoirs, voilà une autre interrogation sur l'homme.
Un personnage qui agace.
Ayant un faible pour le théâtre et maniant habilement la langue de bois, Raymond Domenech est loin de plaire à tous. Et lorsqu'il ne dévoile qu'à moitié sa sélection des 23 devant la France entière, préférant offrir ses impressions et le nom des joueurs au généreux sponsor SFR, on peut croire qu'il cherche à être haïs. Mais le problème c'est qu'en plus d'agacer l'opinion et les médias, le sélectionneur ne fait pas l'unanimité auprès de son groupe. Son fort caractère n'est apparemement pas fédérateur. Et si ce genre de comportement fonctionne avec José Mourinho, c'est uniquement parce que Chelsea gagne des titres.
Les 23 à l'image de ses deux ans.
Sans entrer dans les détails de la sélection, la liste des 23 n'est finalement pas une surprise. Raymond-le-batisseur n'a finalement rien révolutionné. Ainsi, 15 des 23 étaient présents lors de l'Euro raté de 2004, 12 faisaient parties du marasme de 2002. Domenech a tout de même pris soin de placer une fausse surprise (Ribéry), un inattendu (Chimbonda) et un joueur qui divise (Dhorasso) histoire de rester fidèle à ce rôle qu'il joue depuis deux ans. Reste à savoir comment le sélectionneur va donner une âme à un groupe qui semble l'avoir perdue depuis longtemps.
Pour Raymond Domenech, cette Coupe du Monde aura de vrais airs de révélateur. Car dans une compétition majeure, le masque va forcément tomber. Verra-t-on un digne successeur de Aimé Jacquet, qui a construit un plan parfait sans être compris, ou verra-t-on un homme arrogant sombrer dans sa suffisance? Réponse le plus près possible du 9 Juillet... si tout va bien.
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17 mai 2006
Lancement de la chronique du Mondial

La 18ème Coupe du Monde de la Fifa, qui se tiendra du 9 Juin au 9 Juillet en Allemagne, est un événement planétaire. Non pas uniquement parce que son nom l'indique, mais plus simplement parce que le football est une passion universelle. C'est pourquoi le blog AllandNothing ouvre sa Chronique du Mondial. Dans un premier temps nous nous attacherons à évaluer l'équipe de France, ligne par ligne, joueur par joueur, en décortiquant nos forces et nos faiblesses. Puis une présentation des autres prétendants prendra place. Et durant la compétition, un suivi des matchs et une analyse des résultats seront effectués aussi souvent que possible. Que ce soit sous forme écrite et peut être même en mini-Podcast, le blog tâchera de vous faire partager cet événement à sa manière.
Et comme toujours sur ce blog d'actualité ET DE DEBATS, les participations sont les bienvenues. Des liens vers des articles pertinents, l'apport de votre science du sport ou tout simplement de votre avis de supporter et/ou spectateur, tout est admis et surtout encouragé. Ensemble, faisons en sorte qu'une fois de plus le Mondial de football soit un événement fédérateur, un outil de partage.
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Motion de censure ratée, mais François Bayrou ouvre les débats

Affirmer que la Vème République connait des heures sombres c'est enfoncer une porte ouverte. Après la victoire du Non sur la Constitution Européenne, la révolte des banlieues, les manifestations contre le CPE et maintenant « l'Affaire Clearstream » le monde politique français est à l'agonie. Un sondage de grande ampleur (5600 personnes) mené par les instituts Cevipof et Ifop cristallise cet état de fait. Ainsi apprend-on que 76% des sondés estiment que les jeunes d'aujourd'hui ont moins de chance que leurs parents. Pire encore, 69% n'ont confiance ni en la gauche ni en la droite française à l'heure actuelle. Sur ce constat d'échec, la position tenue par l'UDF de François Bayrou semble ouvrir un nécessaire dialogue.
La motion de censure de tous les débats.
Le leader de l'Union pour la Démocratie Française a pris une position inédite depuis 1978. Ainsi, alors que la gauche a déposé une motion de censure à l'encontre de l'actuel gouvernement, François Bayrou appela son parti à suivre les socialistes. Peine perdue, puisqu'avec seulement 190 voix (il en fallait 289) la motion n'est pas passée. Et seulement 11 députés UDF sur 30 ont suivi leur président. Mais pour M. Bayrou, il s'agit là d'un « acte pionnier » et force est de constater qu'il n'a peut être pas tort. Cette prise de position résonne comme un grand coup de pied dans la fourmilière politique française.
Faire tomber le « mur de Berlin » entre la droite et la gauche.
Au delà de ce volte-face contre la majorité, la consigne de l'UDF a permis de souligner une fois de plus la malodorante inflexibilité du microcosme politico-politique français. A droite en effet, le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, a renouvelé ses menaces de sanctions aux législatives contre l'UDF, affirmant que les députés qui voteraient contre la majorité « en paieront le prix le moment venu ». Dans son propre camp, Gilles de Robbien, ministre UDF, déclarait que son président de parti avait fait « un bras d'honneur à son électorat en changeant de camp ». Le président UMP de l'Assemblée Nationale, Jean-Louis Debré a lui-même accusé M. Bayrou de « planter un poignard dans le dos de ses amis politiques ». Enfin à gauche, alors que François Bayrou déclarait vouloir « travailler avec des gens différents (dans le futur) d'un bord et de l'autre » le PS a formellement repoussé les avances. Un immobilisme qu'il a vivement dénoncé en parlant d'un « mur de Berlin » entre la droite et la gauche, regrettant « l'interdiction formelle de fréquenter la gauche » pour un membre de la majorité. Il a également ajouté que l'unique chose qu'il « considère ennemie, c'est la malédiction qui interdit de se parler ».
Une nouvelle République, issue de plus en plus évidente.
Les réactions autour de cette motion de censure (la 3ème du gouvernement Villepin) sous-tendent des débats profonds sur le paysage politique français alors que plane l'ombre des présidentielles de 2007. Car le leader de l'UDF met en exergue les limites de l'actuel système. Entre une droite qui finit péniblement son deuxième mandat et une gauche dont le rôle d'opposition se limite à critiquer sans proposer, tout cela venant s'ajouter à la décrepitude des institutions de la Vème, il y a effectivement de quoi rendre le peuple français pessimiste. Quand au parti du centre(-droit), il continue son opération émancipation. Certes son programme connait une faible médiatisation, et son importance sur l'échiquier politique est trop limitée pour gouverner seul. Mais en franchissant la limite du vote contre le gouvernement, François Bayrou a ouvert la boîte de Pandore. Et pour solutionner les profonds problèmes français, et surtout le rôle d'un Parlement délaissé, Bayrou comme d'autres rêve d'une VI ème République, une « République nouvelle qui soit une République de tous et non pas une République des amis ». Et d'affirmer ainsi que « les français ne veulent plus de cette République d'ombres ».
Que l'on apprécie François Bayrou ou pas, les messages qu'il vient de faire passer dans le débat sur la motion de censure ne sont pas sans intérêts. Car l'appel à la communication entre les partis politiques français ne peut être qu'une bonne chose. Dans l'état actuel, l'avenir semble bien sombre. Les différents courants n'ont plus de réels programmes ni d'idéologie, et pour 2007 l'alternance serait un retour en arrière (pour nier 12 années de droite) et la continuité une prolongation du malaise (sauf grand tour de magie). Rêver que la France soit capable d'avoir une coalition à l'allemande ou tout du moins une confrontation d'idées basée sur la richesse et l'intérêt national plutôt que sur la bassesse et les enjeux politiques, voilà un ultime espoir. Quand au serpent de mer de la VI ème République, le débat est une fois de plus ouvert. Mais qui l'abordera vraiment?
12:00 Publié dans C'est dans l'actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : actualité
40ème anniversaire de la Révolution culturelle chinoise

C'est dans un complet anonymat que la Chine « fêtait » ce mardi 16 Mai le 40ème anniversaire de la « Révolution culturelle », cette directive lancée par Mao Tsétoung en 1966. Les médias chinois avaient certes anticipé la date et évoqué le sujet depuis quelques semaines. Mais les mots étaient soigneusement pesés. Ce mardi la censure interdisait même l'accès à l'expression révolution culturelle sur internet. Il faut dire que le pays est toujours gouverné par le Parti Communiste, et Mao représente encore un pilier de la société chinoise.
Et pourtant, en regardant presque un demi siècle en arrière, il n'y a pas de quoi être réellement fier. Voilà pourquoi le sujet reste aujourd'hui sensible. Cette révolution, appelée également « Révolution culturelle prolétarienne » est la tragique conséquence de la soif de pouvoir de Mao. En 1966, ce dernier était de plus en plus en marge dans le Parti Communiste, suite à l'échec de sa politique économique du Grand Bond en Avant. Il va alors s'appuyer sur la jeunesse chinoise qu'il va mettre en mouvement contre l'ordre établi, les célèbres « gardes rouges ». Ces derniers, avec des rebelles, l'armée et certains cadres du parti, vont procéder à une véritable épuration, une « rectification ». Des temples et des monuments, principalement boudhistes, sont détruits. Les intellectuels et la bourgeoisie sont violentés, humiliés et tués. Des déportations sont organisées afin d'obliger une « régénération des pensées » par des travaux pénibles.
Le mouvement lancé, Mao devient « le Grand Timonier » qui oriente ce combat des masses. Il est véritablement idolâtré. Son image est partout. Son Petit Livre Rouge, véritable « Bible » du mouvement, est diffusée partout, connu souvent par coeur. Il offre l'expression politique aux gardes rouges par le biais des dazibaos, des journaux muraux. Mao parvient à imposer cette lutte des classes prolongée. Il réussit à intensifier cette révolution des campagnes contre les villes, signe envoyé à l'Occident que la base combat le capitalisme.
La Révolution culturelle prolétarienne devient un modèle à travers le monde. Les mouvements de mai 68 en sont largement inspirés. L'Occident, l'Europe en tête, sacralise ce mouvement. Cette révolution devient alors un mythe de soulèvement populaire réussi. Il l'est encore aujourd'hui pour certains. Reste pourtant un bilan édifiant de ces dix années de chaos. Lorsque Mao meurt en 1976, on dénombre approximativement 100 millions de victimes (blessés, tués, exclus et bannis). L'économie est alors paralysée, le conformisme de rigueur et la classe intellectuelle chinoise réduite au silence. Une Chine qui a ainsi connu une régression flagrante. De quoi vouloir éviter, aujourd'hui encore, tout épanchement médiatique autour de ce funeste anniversaire.
08:30 Publié dans Ca peut être intéressant | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
