05 mai 2006
Débattre sur le 4ème pouvoir

Depuis quelques décennies, le terme de 4ème pouvoir est de plus en plus utilisé concernant les médias. F.H de Vivier employait même le néologisme de « médiacratie » pour définir ce pouvoir grandissant. Mais ce pouvoir est-il un simple contre-pouvoir ou n'exerce-t-il pas sa loi sur les 3 autres?
La question mérite d'être posée. En effet, si la liberté de l'information est souvent mise en avant pour dénoncer les manoeuvres terroristes ou même politiques à l'encontre des journalismes, n'y a-t-il pas en parallèle un retournement de tendance?
En effet, après l'affaire d'Outreau où les médias avaient largement scénarisé le procès des innocents-coupables, puis l'audition du juge Burgaud. On avait soit-disant pris conscience du pouvoir des médias et un plus grand recul allait être pris par ces derniers... jusqu'à l'affaire Clearstream. En effet, que ce soit Le Monde qui publie les déclarations du général Rondot ou le Figaro qui fait office de tribune du premier ministre et participe grandement à l'affaire, la presse n'a pas longtemps tiré profit de ses erreurs passées. Ainsi, en violant le secret de l'instruction et en cherchant à se porter comme avocats des différentes parties, ces deux journaux, pour ne citer qu'eux, dépassent largement leur mission.
Alors estimez-vous que le 4ème pouvoir prend trop d'importance par rapport aux 3 autres? Estimez-vous que la liberté de l'information et la nécessité d'investigation sont des arguments suffisants pour rogner les prérogatives de justice? En somme, les médias jouent-ils plus que leur rôle et en ont-ils le droit?
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21 mars 2006
De la démocratie en France...
Révolte étudiante, révolution, « nouveau mai 68 »... tout a été employé pour définir le mouvement de protestation anti-CPE qui règne en France depuis quelques semaines. Mais dans le fond, cette protestation a-t-elle une valeur réelle?
En effet, on entend les leaders de la fronde anti-CPE clamer que « la rue doit faire changer la loi » ou que « Villepin doit écouter le peuple » mais quelle est la portée réelle de ces manifestations sur le pouvoir politique?

Que nous disent les sondages : apparement, selon l'Ifop, près de 66% des sondés voudraient que la loi sur le CPE soit retirée, mais en parallèle, un autre sondage d'internautes nous révèle que 54% des 39000 participants estiment que le CPE est catastrophique alors que 45% estiment que c'est un plus pour l'emploi. Tout dépend donc des personnes interrogées. Quand on voit dans les rues que ce sont des étudiants de facultés qui, pour la plupart feront une licence et un master et qui en moyenne quitteront les bancs des universités vers 23-25ans alors que le CPE n'est applicable que jusque 25ans, ça peut laisser perplexe. Alors que dire lorsque les syndicats se mêlent aux conflits ou lorsque l'on parle maintenant de grêves...
Le problème c'est que le CPE s'adresse principalement aux jeunes non qualifiés et qu'on ne s'intéressent pas vraiment à ce que EUX en pensent. Le conflit prend une fois de plus une tournure politico-politique et non politico-sociale voire politico-économique comme il serait préférable. Et bien évidemment, sur fond de campagne pour la présidentielle de 2007, les partis politiques viennent gonfler les polémiques et mettent un peu plus le feu aux poudres.
Quand on voit que le premier ministre accepte de modifier le texte sans le retirer alors que la rue réclame le retrait avant toute discussion, le problème est profond. La question se pose finallement de savoir qui gouverne en France? Le gourvernement, élu démocratiquement par le peuple ou la rue? Est-ce que la démocratie s'est de laisser une équipe élue pour gouverner gérer les affaires avec toutes les données en main ou qu'une partie de la population donne son avis en cassant, en bloquant et en refusant toutes négociations? En définitive, la rue a-t-elle vocation à faire la loi ou simplement comme tout groupe de pression à apporter un avis dans la gestion des affaires nationale?
Débattez, donnez-votre avis, sur la CPE, sur la démocratie française, sur les mouvements anti-CPE actuels ou sur les manifestations passées...
Pour aller plus loin dans la réflexion :
Un blog pro-CPE et un blog anti-CPE
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10 février 2006
Audition du juge Burgaud : surmédiatisation en question

L'audition du juge Burgaud n'est pas passée inapperçue. Pas moins de 6 chaînes de télévision ont ainsi bloqué leur antenne afin de diffuser la commission parlementaire chargée d'interroger le juge de l'affaire d'Outreau. Mais c'est justement cette mobilisation des médias qui a bien des égards semble quelque peu malvenue.
Ainsi, pendant le procès, les médias ont pris une place importante dans l'influence de l'oppinion publique. Des titres tapageurs qui condamnaient les accusés, des informations données peut être un peu trop hâtivement, le pouvoir médiatique français s'est emballé et le fiasco du jugement aura remis en cause sa crédibilité et son impartialité. Et c'est peut être justement pour se racheter une conscience que cette commission parlementaire a eu droit à une si large couverture.
Et c'est là que le problème ce pose. Pourquoi médiatise-t-on cette commission, ce qui n'est généralement jamais fait? Pourquoi les médias souhaitent « réhabiliter » les ex-condamnés d'Outreau alors que bon nombre d'erreurs de justice n'ont même pas droit à une ligne ou une minute d'antenne? C'est en ce sens que la surmédiatisation imposée de l'audition du juge Burgaud semble un peu déplacée. Car on a peine à croire réellement à une soudaine volonté de transparence, quand le spectacle offert sur les postes ressemblait plus à une mise à mort publique sous forme de télé-réalité détournée.
L'exemple de l'affaire d'Outreau devrait plutôt faire réfléchir les médias sur leurs devoirs de base en matière d'information : transmettre et analyser. Ainsi, évoquer l'audition du juge n'est pas une mauvaise chose en soi, juridiquement la publicité des débats est une norme. Encore faudrait-il le faire pour toutes les affaires similaires. Car en agissant de la sorte, les médias ne jouent pas le jeu de l'information, seulement celui du voyeurisme. La barrière entre divertissement et information n'a jamais été aussi mince. Car ce n'est pas le contenu de la commission qui choque, simplement le buzz médiatique mis en place autour. En voulant s'acheter une conduite, le pouvoir médiatique français (télévisuel en particulier) s'est trompé de méthode.
Et vous qu'en pensez-vous? L'audition largement médiatisée, le rôle des médias dans l'affaire et en général, votre avis compte, donnez-le.
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02 février 2006
CPE-CNE contre CDI : le droit du travail éclaire
La majorité s'en félicite, l'opposition est horrifiée : Dominique de Villepin continue son combat pour l'emploi. Et les mesures prises par le premier ministre ne font pas l'unanimité. Après le Contrat Nouvelle Embauche (CNE), l'homme de Matignon décide le Contrat Première Embauche (CPE). C'est ainsi que l'opinion publique, encouragée par les syndicats et l'opposition se mobilise pour dénoncer ces nouvelles formes d'emplois jugées précaires, accusant le gouvernement de vouloir démanteler les contrats à durée indeterminée (CDI). Les conflits profonds continuent donc entre un gouvernement qui souhaite faciliter l'embauche (grâce à une simplification de licenciements) et la majorité de travailleurs, représentée par les syndicats, qui estime que réduire la sécurité des contrats ne permettra pas d'augementer le nombre d'embauches. Au delà de cet habituel clivage, que seul l'avenir permettra de trancher, en étant optimiste, il convient de faire cesser les clichés concernant la précarité grandissante induite par les récents CNE et CPE.
L'analyse est faite par rapport aux principes du droit du travail et à l'expérience d'un professeur universitaire de droit. L'idée populaire, c'est que le CDI est la forme de contrat la plus stable et la plus noble. En effet, il est plus simple par exemple de demander un prêt bancaire lorsqu'on peut apporter la garantie des revenues due au CDI. Mais dans les faits ce n'est pas aussi simple. Ainsi, un CDI, après période d'essai ne peut être rompu que pour juste cause. Cependant, lors d'un colloque, le gérant d'une grande enseigne de restauration que nous ne nommerons pas indiquait qu'il était faisable de licencier un salarié non satisfaisant même s'il possède un CDI. En effet, le licenciement peut être prononcé pour une cause non véridique et dès lors, le CDI ne s'avère plus aussi stable qu'il n'y paraît. Car le salarié lésé devra de lui même saisir la justice pour avoir gain de cause sur motif de licenciement abusif. Et là, les problèmes sont nombreux : si les longs délais pour la procédure ne découragent pas le plaignant, il lui faudra compter avec les frais d'avocats et d'instruction, tout en prenant en compte l'éventualité d'un jugement négatif qui s'avérerait encore plus couteux. Dans la plupart des cas donc, le licencié est découragé avant la procédure. Si jamais il venait à aller au bout de son idée, le patron peut également proposer une somme pour régler à l'amiable. En prenant en compte les nombreux frais d'une telle procédure, il proposera ainsi un somme forfaitaire souvent ridicule par rapport au préjudice (mais avec tout de même quelques zéros à la clé ) que la plupart des licenciés accepterait. Et une fois l'accord signé, quand bien même l'ex-salarié se rendrait compte de la supercherie, il lui serait impossible d'attaquer son patron pour le licenciement. Ainsi, dans la plupart des cas, un employeur qui souhaite casser un CDI, quand bon lui semble et sans états d'âme, pourra le faire avec un taux de réussite élevé. De là, on peut conclure que le CDI ne protège pas vraiment des « méchants patrons profiteurs ». A vrai dire, le CDD une fois la période d'essai passée, s'avère plus tranquillisant puisque toute rupture de contrat serait suivie du versement des salaires jusqu'à la fin initialement prévue du contrat.
Ainsi donc, le CNE et le CPE qui prévoient de longues périodes d'essai de deux ans, ne sont pas réellement plus précaires qu'un CDI. Tout dépend effectivement de l'intention de l'employeur et de la conjoncture. De plus, le CPE est intéressant pour trouver les expériences nécessaires à un bon curriculum vitae et à une progression dans le monde du travail. Cela ne veut en rien dire que les récents CNE et CPE amélioreront la situation de l'emploi en France, mais dans les principes ils ne sont pas aussi négatifs que l'on veut bien le dire. Le fait important qu'il convient de souligner en conclusion, c'est que l'emploi en France change. Finis les emplois à vie, finie la stabilité à toute épreuve. Qu'on le veuille ou non, les temps changent. Selon de récentes études, un jeune français qui arrive sur le marché du travail connaitrait au moins 5 à 6 changements de postes au cours de sa carrière. Reste maintenant que la meilleure assurance pour l'emploi c'est toujours la motivation et la qualité du travail rendu. Et c'est en étant irréprochable sur ce point que l'appellation du contrat importe peu. Soyons logique, un travailleur motivé aura toutes les chances de voir son CNE ou son CPE prolongé, tout comme à l'heure actuelle il ne justifierait pas une rupture de son CDI.
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10 janvier 2006
Quand la passion est plus forte que tout

Le rally raid Paris-Dakar est une institution, c'est un fait. Chaque année, qu'on s'y intéresse ou pas, la fameuse aventure où se mèlent professionnels et amateurs fait parler d'elle. Que ce soit pour la passion du sport, de l'aventure, mais aussi les vives critiques contre une épreuve sportive jugée parfois néfaste à l'Afrique, le Paris-Dakar est tous les ans dans l'actualité. Cependant ce lundi 9 janvier 2006, c'est avec tristesse et recueillement que l'on évoquait ce rally. En effet, le motard australien Andy Caldecott décédait dans une grave chute lors de la 9ème spéciale en Mauritanie. Ce baroudeur de 41ans est ainsi le 23ème membre de la caravane du Dakar à trouver la mort en 28 éditions. Il y a d'ailleurs un an presque jour pour jour, le célèbre motard Fabrizio Meoni perdait également la vie dans de telles conditions. Triste signe du destin, Caldecott avait été appelé en remplacement d'un autre pilote, forfait, alors qu'il ne souhaitait initialement pas s'aligner dans la course.
Cette triste nouvelle affecte une fois de plus le monde sportif et l'univers des passionnés. Et c'est là qu'on peut soulever un débat : jusqu'où est on prêt à aller par passion, par amour? Quand bien même Caldecott, le motard australien, s'était élancé sur le Paris-Dakar à contrecoeur il restait un homme profondément passionné par son sport. Et combien de sportifs ou d'aventuriers disparaissent dans la pratique de leur passion, prêts à aller jusqu'au bout malgré les dangers? Meoni, mais aussi le motard français Richard Sainct, comme Daniel Balavoine il y a quelques années, ont perdu la vie dans les rally raid. Combien de marins partent en mer pour ne jamais revenir. On peut aussi parler des pilotes de formule 1, comme Ayrton Senna, qui prennent d'énormes risques et en payent parfois un lourd tribut. Brefs, les exemples ne manquent pas, mais au delà de ça, par des exemples célèbres ou vos expériences quotidiennes, jusqu'où pensez-vous qu'on puisse aller par amour ou passion? Faut-il accepter d'en payer parfois le plus lourd prix? Est-ce de l'inconscience ou une expérience de vie unique? Votre avis et vos expériences comptent, alors à vos claviers.
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