18 mai 2006

La chronique du Mondial : présentation des Bleus 1

 

Il n'est pas de grande équipe de football sans grand entraîneur. Voilà pourquoi présenter la sélection française doit commencer par celui qui la construit. D'autant que dans un pays où on a coutume de dire qu'il y existe 60 millions de sélectionneurs, le titulaire du poste est toujours attendu au tournant. Depuis le 12 Juillet 2004, date à laquelle il est nommé, Raymond Domenech a donc bati l'équipe de France en connaissance de cause.

Un bilan mitigé.

L'équipe de France est qualifiée pour la phase finale de la Coupe du Monde 2006. Merci et au revoir. Certes le bilan de Domenech n'est pas catastrophique (9vict. 11nuls 1déf., 23 buts+ et 9buts-). Mais pour ceux qui attendait de ce sélectionneur « à poigne » qu'il continue le renouvellement de l'équipe de France et qu'il lui forge l'identité qui lui a tant manquée en 2002 et 2004, force est de constater que l'on doit uniquement se contenter de la qualification. Dans un groupe qui, quoi qu'on en dise, était largement à la portée des Bleus, l'incapacité chronique à faire la différence et à en imposer aura été flagrante.

Un sélectionneur presque sans titres.

S'il empocha deux coupes de France (1973 avec Lyon et 1984 avec Bordeaux) etun championnat de France (en 1979 avec Strasbourg ) en tant que joueur, Raymond Domenech n'a rien gagné comme entraîneur. Avec le FC Mulhouse, puis l'Olympique Lyonnais et enfin les Espoirs, aucun fait d'armes à son palmarès. A peine une montée en Division 1 avec les Gones en 1988. S'il est un formateur reconnu et si son travail dans la Direction Technique Nationale est salué de tous, cela ne fait pourtant pas gagner de titres. Lorsque l'on sait qu'il a eu sous sa coupe la plupart des talents français en équipe de France Espoirs, voilà une autre interrogation sur l'homme.

Un personnage qui agace.

Ayant un faible pour le théâtre et maniant habilement la langue de bois, Raymond Domenech est loin de plaire à tous. Et lorsqu'il ne dévoile qu'à moitié sa sélection des 23 devant la France entière, préférant offrir ses impressions et le nom des joueurs au généreux sponsor SFR, on peut croire qu'il cherche à être haïs. Mais le problème c'est qu'en plus d'agacer l'opinion et les médias, le sélectionneur ne fait pas l'unanimité auprès de son groupe. Son fort caractère n'est apparemement pas fédérateur. Et si ce genre de comportement fonctionne avec José Mourinho, c'est uniquement parce que Chelsea gagne des titres.

Les 23 à l'image de ses deux ans.

Sans entrer dans les détails de la sélection, la liste des 23 n'est finalement pas une surprise. Raymond-le-batisseur n'a finalement rien révolutionné. Ainsi, 15 des 23 étaient présents lors de l'Euro raté de 2004, 12 faisaient parties du marasme de 2002. Domenech a tout de même pris soin de placer une fausse surprise (Ribéry), un inattendu (Chimbonda) et un joueur qui divise (Dhorasso) histoire de rester fidèle à ce rôle qu'il joue depuis deux ans. Reste à savoir comment le sélectionneur va donner une âme à un groupe qui semble l'avoir perdue depuis longtemps.

Pour Raymond Domenech, cette Coupe du Monde aura de vrais airs de révélateur. Car dans une compétition majeure, le masque va forcément tomber. Verra-t-on un digne successeur de Aimé Jacquet, qui a construit un plan parfait sans être compris, ou verra-t-on un homme arrogant sombrer dans sa suffisance? Réponse le plus près possible du 9 Juillet... si tout va bien.

17:00 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sport

Commentaires

Tu vois la coupe du monde? tu vois l'équipe de France? tu vois ton...hem...

Ecrit par : Korgy | 24 mai 2006

Ecrire un commentaire