20 novembre 2005

20/11 : Le parti socialiste affirme son unité

LE MANS, après une longue nuit de palabres, le Parti Socialiste a conclu une "synthèse générale" terminant de la meilleure façon possible son congrès. Après la rupture dûe au référendum sur la constitution européenne, puis les luttes intestines qui s'en sont suivies, François Hollande, Laurent Fabius et le Nouveau Parti Socialiste ont enfin trouvé un terrain d'entente.

"Les socialistes sont maintenant rassemblés pour servir la France" voila comment François Hollande annonçait la nouvelle aux 4000 militants présents lors de son discours de clôture. Il faut dire que l'on voyait mal la gauche française trouver une quelconque unité lorsque s'ouvrit ce congrès du Mans. Mais au final, grâce à des fabusiens étonnement dociles, et un NPS qui a revu à la baisse ses intentions institutionnelles, le Parti Socialiste ressort la tête haute de ce week-end de débats. Seul Arnaud Montebourg qui a défendu jusqu'au bout son idée de VIème République ne fera pas partie de cette synthèse. Et ce matin, les délégués PS approuvaient cette "synthèse" lors d'un vote largement favorable.

Cette nouvelle union se veut donc "dynamique" et tournée vers l'avenir. Hollande affirme ainsi que seul le mois de mai 2007 l'intéresse, pas mai 2005. Il invite également son parti à combattre à nouveau la droite et de redonner un espoir et un projet pour les français. Le NPS de son côté a obtenu que certaines idées soient jointes à la synthèse, notamment sur un tarif extérieur protégeant contre les délocalisations mais aussi la possibilité pour les pouvoirs publics de s'opposer aux licenciements boursiers. Les fabusiens ont pour leur part défendu l'idée d'un SMIC à 1500 euros d'ici 2012. En définitive, il semble que tout le monde sort content des débats, et le congrès n'aura donc pas été vain comme on l'imaginait au départ.

La question est de savoir maintenant si cette unité de façade résistera au temps. Hollande acceptera-t-il de renommer les fabusiens à la direction, lui qui les avait exclus en juin. Montebourg ne va-t-il pas essayer de noircir cette belle unité pour obtenir une certaine visibilité? Les mesures envisagées réussiront-elles à susciter l'adhésion encore longtemps une fois le temps des belles promesses passé? Et surtout, la présidentielle de 2007 ne va-t-elle pas naturellement revenir sur le devant? Car avec tous les candidats potentiels de gauche, aux égos ou envies bien développés, nul doute que cette échéance va rapidement écorner cette belle image du PS.

18 novembre 2005

Information et médias : qui fait quoi?

Durant la récente vague d'émeutes qui s'est abattue sur les pays, les journalistes ont été pris pour cible parfois, mais ils ont également été pour certains une cause de surenchère de la part des jeunes impliqués. Dans le comportement jugé parfois excessif du ministre Sarkozy, les médias sont là encore très présents, parfois trop. Les exemples de dérives et de liens étroits entre médias et polémiques ne manquent pas.

La logique économique qui les dirige eux aussi n'est pas pour rien dans cette évolution du rôle des médias. Toujours sur la brèche c'est normal. Mais cette affection pour l'information avant tout le monde, pour les images et les interview spectaculaires, aux dépends parfois de l'objectivité et de l'analyse n'est-il pas une dérive plus qu'une évolution? Si on estime encore que la liberté de la presse, et des médias en général est un signe fort de démocratie, n'est-ce pas dangereux de laisser ce pouvoir à la botte des logiques économiques et des courants politiques? Il est beaucoup de questions que les médias d'aujourd'hui peuvent soulever.

  • Pensez-vous que les médias font l'information plus qu'ils ne la rapportent?
  • Estimez-vous que leur objectivité est toujours d'actualité?
  • Croyez-vous encore que nos médias sont libres et jouent-ils leur rôle pleinement?
  • Quel est ce rôle selon vous?

J'oublie énormement de problématiques, et si certaines autour des médias vous semblent fondamentales, n'hésitez pas à en faire part.

Au plaisir de vous lire

18/11 : le PIB continue de croître, mais est-ce assez?

PARIS, l'INSEE a confirmé son estimation de la semaine dernière sur la croissance du PIB au troisièmes semestre 2005. Celle-ci se chiffre à +0,7%. Cela étant, l'acquis de croissance a été revu à 1,4% au lieu des 1,5% prévus initialement. Ce léger recul est expliqué par l'INSEE par l'intégration au calcul d'indicateurs de travaux publics non disponibles auparavant.

A la suite de cette annonce, le ministre de l'Economie Thierry Breton a jugé que "la croissance revient" mais aussi qu'elle devrait être supérieure aux prévisions de la Commission européenne. Toujours selon lui "on sera entre 1,5% et 2% en 2005". Cela étant, les commentaires du ministre ne doivent pas faire oublier la réalité. Ainsi, dans la foulée, Marc Touati ( Natexis Banques Populaires ) a invité Mr Breton à "ne pas crier victoire trop vite"  estimant que la croissance française ne dépasserait pas les 1,6% ce qui serait loin des 2,5% imaginé dans le vote du budget il y a un an. D'autant qu'économiquement, ce n'est qu'à partir de 2,5% de croissance du PIB que l'on peut créer durablement de l'emploi. Avant de s'extasier il va donc falloir encore travailler.

17 novembre 2005

17/11 : La Turquie refait parler d'elle... en mal

 

ISTANBUL, hier, un match de football comptant pour les barrages de la Coupe du Monde 2006 s'est très mal terminé. Le match Turquie – Suisse (4-2) qui suivait le match aller de samedi et la victoire suisse 2-0 promettait d'être tendu. Mais personne ne s'attendait à cela.

Dès l'arrivée du car suisse commençaient les hostilités : oeufs jettés sur le bus des hélvètes, insultes du public et provocation de l'entraîneur turc pour ne citer que les meilleures. Bien que cela puisse paraître déplacé (et ça l'est) on peut considérer que dans de telles circonstances d'autre publics dans d'autres pays n'auraient pas fait autrement. Malheureux ou non, cela fait partie du folklore qui entoure les matchs capitaux comme celui-ci. Si seulement on en était resté là...

Après une rencontre houleuse, engagée mais correcte, les turcs se voyaient éliminés par les hommes de Jacob Kuhn. Commence alors un spectacle pitoyable. Les joueurs suisses se dirigeant vers les vestiaires sont alors bombardés par toutes sortes de projectiles venues des tribunes. Puis des coups sont distribués entre joueurs à l'entrée du couloir. Bien que les images n'aient pas été diffusées, la suite a semble-t-il été calquée sur les pugilats antiques. Résultat, un joueur suisse touché « dans les parties » a du se diriger de toute urgence vers l'hopital le plus proche, diagnostic : perforation du canal urinaire. D'autres joueurs suisses et l'entraîneur des gardiens hélvète ont été également passés à tabac, et les policiers turcs chargés de protéger les joueurs se seraient également joints aux pitoyables festivités.

Bref, la FIFA menace désormais la Fédération Turque et les poursuites seront vraissemblablement terribles pour le pays. Les turcs ont réagi en indiquant qu'ils allaient eux aussi poursuivre les suisses, ajoutant par la même que le président de la FIFA Sepp Blatter, avait géré l'affaire comme un supporter et non de manière objective. Il est vrai que ce dernier est suisse, mais de là à retourner la situation il n'y a qu'un pas. Si toute la vérité n'est pas encore faite sur les événements à l'heure actuelle, force est de constater que les turcs n'auront au mieux qu'une partie des tords. Mais à l'heure où l'on débat de l'adhésion turque à l'Union européenne, à l'heure où chacun de ses agissements et de ses propos est étudié, on peut estimer que ce n'est de la sorte qu'elle marquera des points.

17/11 : Ukraine, une révolution orange jugée pourrie

 

KIEV, il y a à peu de choses près un an se tenait en Ukraine une révolution pacifique. Celle-ci aboutissait à une remise en cause des élections présidentielles jugées frauduleuses, et à une victoire du perdant d'origine Victor Iouchtchenko. Nombreux sont ceux en Ukraine et ailleurs qui ont cru que cette « révolution orange » allait faire changer le pays. Le nouveau président avait ainsi promis de lutter contre la corruption, d'améliorer le niveau de vie, de restaurer la confiance du peuple vis à vis de l'Etat et surtout d'obtenir l'adhésion à l'Union Européenne.

Oui mais voilà, un récent sondage montre que l'opinion publique ukrainienne n'a pas obtenu ce pour quoi elle s'était mobilisée massivement. Les chiffres publiés aujourd'hui sont clairs : 58% des ukrainiens estiment que les promesses de la révolution n'ont pas été tenues. Ils sont aujourd'hui seulement 14,3% à soutenir Iouchtchenko, et près de 60% estiment que le pays fait fausse route. Pas de quoi estimer donc que ce mouvement soutenu et salué par une grande partie de la planète a eu les résultats escomptés. Pire, depuis son investiture en Janvier 2005, le président ukrainien n'a cessé de voir sa popularité s'éroder, faute à une recul de la croissance économique, à des distensions dans son gouvernement, à des affaires de corruption concernant ses proches et surtout au manque de réformes pourtant annoncées.

Un an après ce mouvement populaire qui leur donna beaucoup d'espoir, les ukrainiens se disent même prêts à voter pour Ianoukovitch en cas d'élections législatives. Rappelons que le dernier cité n'est autre que le candidat fraudeur des dernières élections présidentielles. La démocratie en Ukraine c'est donc un pas en avant, deux pas en arrière.

16 novembre 2005

16/11 : Straw pessimiste devant le Parlement Européen

STRASBOURG, le chef de la diplomatie britannique Jack Straw s’exprimait aujourd’hui devant le Parlement européen. Evoquant le dernier sommet européen sous présidence du Royaume-Unis en Décembre à Bruxelles, il s’est montré plutôt pessimiste sur un probable accord des 25 pour le vote du budget.  Si les difficultés d’harmoniser les propositions des membres de l’Union ne sont pas nouvelles, voire même plus grandes encore depuis l’entrée des dix nouveaux, la position de Straw n’a rien de rassurant pour l’avenir. Il faut se souvenir qu’en Juin, lors du dernier sommet, cinq Etats membres n’avaient pas approuvé le budget, et il faudra pourtant que les 25 se mettent d’accord les 15 et 16 Décembre prochain.


La position britannique défendue par Straw est celle d’un nouveau budget 2007-2013 pour l’Union européenne, avec comme condition que toute modification apportée par un Etat membre déjà négatif en Juin devrait être estimée juste et équilibrée par tous les autres membres. Le secrétaire du Foreign Office a ajouté qu’ « il faudrait étudier sérieusement d’où vient l’argent, comment il est dépensé et comment nous en rendons compte » mais aussi et surtout que « nous allons avoir de difficiles négociations devant nous ». Enfin, dans son discours, Straw a affirmé que la structure du budget devait être profondément modifiée pour répondre aux nouveaux défis du 21ème siècle, ajoutant que « sans changements significatifs, je vois peu de perspectives d’accord ».
 

Ainsi, comme le sommet informel de Hampton Court le mois dernier semblait l’indiquer, l’Union n’est pas facile à gouverner et à faire évoluer. C’était déjà un gros problème structurel, et l’arrivée des dix nouveaux n’a pas semblé alléger le navire.

15 novembre 2005

15/11 : Une journée pour la prorogation de l'état d'urgence

 

PARIS, à Matignon ce mardi, le premier ministre Dominique de Villepin a reçu les représentants de l'UMP, de l'UDF et du PS afin de leur expliquer pourquoi l'état d'urgence allait être prolongé de 3 mois par le gouvernement.

Sans surprise, Bernard Accoyer le représentant de l'UMP a déclaré « qu'il s'agissait là d'un moyen important d'action pour les forces de l'ordre et d'un moyen de dissuasion à l'égard des fauteurs de trouble », position défendue pas le gouvernement. Pour l'UDF, François Bayrou pourtant rebel et vivement opposé à la majorité ces derniers temps, a confirmé que, dans ce contexte, les parlementaires UDF voteraient la prorogation de l'état d'urgence. S'inquiétant sur une possible « atteinte aux libertés publiques » d'une telle mesure, il s'est dit rassuré par les garanties apportées en matière de perquisition. Enfin, le PS représenté par M.Ayrault, n'avait pas souhaité s'exprimer à la sortie des débats. Le PC n'a pas souhaiter se déplacer et les Verts eux n'ont pas été conviés.

Ce soir, les députés ont voté la prorogation par 346 voix contre 148 et 4 abstentions. Les socialistes ont donc choisi ce soir de se désolidariser du gouverment pour la première fois depuis que les violences urbaines ont éclaté à Clichy. Jugeant cette mesure disproportionnée, le PS s'est rallié à l'ensemble de la gauche et à une trentaine d'organisations. Après une forme d'union nationale pour calmer les tensions, les oppositions éternelles vont donc reprendre le dessus, en espérant qu'elles amènent de la richesse aux débats et surtout des solutions.

 

 

15/11 : le Sénat américain aide Bush sur l'Irak

 

WASHINGTON, le pouvoir américain freine des deux pieds dans le retrait des troupes en Irak. Le peuple américain soutient de moins en moins l'intervention qui a entraîné la mort de plus de 2000 soldats américains et plus de 172 milliards d'euros d'investissements. Dans ce cadre, la minorité démocrate avait déposé au Sénat une mention demandant que le président Bush fixe un calendrier du retrait progressif des américains en Irak.

Et c'est ce même Sénat ( contrôlé par les républicains ) qui ce matin a refusé le texte à 58 voix contre 40. De leur côté, les républicains ont déposé une motion faisant de l'année 2006 une « période de transition » vers une souverraineté irakienne complète. Encore du retard dans le processus, et le président Bush semble aujourd'hui bien loin du plan annoncé lorsque les américains entrèrent en Irak pour venir « offrir » la démocration au peuple irakien.

Retour de Guadeloupe

Me voila revenu, frais et dispo de ce superbe voyage en Guadeloupe.

Une semaine fantastique, un temps de rêve et beaucoup d'activité, de quoi être prêt pour le reste d'une année universitaire qui s'annonce chargée.

Je n'entrerais pas plus dans les détails car tel n'est pas le but de ce blog, mais je vous informe que l'écriture quotidienne va reprendre et je vais m'y remettre très vite.

Au plaisir de vous lire donc, en espérant que vous en prenez aussi.

04 novembre 2005

Blog lettre morte une semaine...

Du 5 au 13 Novembre, ce blog restera sans actualisation. Je prend en effet après plus d'un an et demi sans partir, une semaine de repos et de soleil en Guadeloupe. C'est une chance incroyable de partir en famille pour se retrouver un peu et se ressourcer.

Cela étant, le dernier débat lancé devrait vous donner matière à participer, et n'hésitez pas à consulter des notes moins récentes qui vous touchent ou vous donnent envie d'écrire quelques lignes ou de m'envoyer des liens.

A la semaine prochaine, et au plaisir de vous lire

Valentin

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